Pourquoi un métro à Charleroi?

Publié le par metrocharleroi.over-blog.com

Au cours des années cinquante, l'avènement de la voiture entraîne une baisse de fréquentation des tramways vicinaux dans la région de Charleroi. Ils sont trop lents et souvent peu ponctuels. La SNCV (société nationale des chemins de fer vicinaux) et la STIC (société des transports intercommunaux de Charleroi) décident de supprimer bon nombre de voies de tram au profit du bus, apparaissant alors plus économique et plus flexible. C'est ainsi que le réseau de tramways belge, l'un des plus dense du monde, est démantelé lignes par lignes.

 

A Charleroi pourtant, on se rend vite compte que le "tout à la route" a un effet néfaste: l'accès à la ville devient de plus en plus compliqué suite à l'augmentation du nombre de voitures. Les performances des bus, pris dans les embouteillages, sont dès lors fortement dégradées, surtout aux heures de pointes. Même les trams subsistant, qui partagent souvent leurs itinéraires avec ceux des automobilistes, sont victimes de l'encombrement de Charleroi.

 

Naît alors l'idée d'un Métro Léger.

 

Le principe est le suivant: faire rouler des trams sur des voies à écartement métrique en site propre, dans des tunnels ou sur des viaducs, à l'instar de ce qui se fait à Bruxelles avec le pré-métro. Les concepteurs établissent un premier projet grandiose comportant une boucle centrale dans Charleroi, sur laquelle viendraient se greffer huit antennes d'une longueur comprise entre 3,2 et 9,2 km, vers Roux, Gosselies, Ransart, Gilly, Châtelet, Couillet, Mont-sur-Marchienne et Fontaine-l'Evêque. Partout, la ligne serait à double voie, et les stations conçues selon un schéma-type: un seul quai central et un ou deux accès.

projet initial

 

 

 Les travaux débutent et permettent, en 1976,  la mise en service d'un premier tronçon de la boucle centrale entre la gare du Sud et la gare de l'ouest (la station ouest ne sera mise en service que plus tard) où le métro se raccorde au réseau vicinal.

On se rend alors compte de l'importance et du coût des travaux à mener. Le projet initial est amputé de six antennes. Seules celles de Fontaine-l'Evêque, de Gilly seront mises en service. Les travaux de l'antenne de Chatelet, bien avancés, sont pourtant interrompus quelques années plus tard.

  

424px-Stadtbahn Charleroi, Gleisplan 1980En 1980, la ligne est prolongée de quelques kilomètres, permettant la mise en service des stations "Ouest" et "Piges" et le raccordement à la chaussée de Bruxelles. Les trams 57, 62, 63, 65, 66, 85 et 86 empruntent cette section. Pendant ce temps, les travaux de l'imposante station des Beaux-Arts, et de l'antenne ouest au niveau de Dampremy, de Monceau-sur-Sambre et de Leernes avancent à grands pas. Les stations de Beaux-Arts, Dampremy, Morgnies, Leernes et Paradis sont mises en service le 24 mai 1983, les trams qui empruntaient la route de Mons sont déviés par la nouvelle ligne. Entretemps, les travaux de la traversée de Marchienne et de Fontaine-l'Evêque sont lancés. En 1986, la station Pétria est mise en service. Durant la même période, les travaux de la partie est de la boucle et de l'antenne de Gilly commencent. Ils subiront cependant un ralentissement de plusieurs années. Les travaux sur l'antenne ouest connaissent le même sort, avant de reprendre en 1989.

 

Enfin, le 22 août 1992, l'entièreté de l'antenne ouest est opérationelle, diminuant le temps de parcours entre Charleroi et sa périphérie ouest. Les stations de Fontaine, Moulin, De Cartier et Providence sont ouvertes au public. Quelques jours plus tard, le 28 août, les trois premières stations de l'antenne est sont mises en service: Samaritaine, Gazomètre et Gilly. Les travaux sur le reste de l'antenne sont pourtant interrompus. La station Waterloo (qui devait s'appeler Nord d'après le projet initial), est mise en exploitation le même jour. Trois lignes parcourent alors le réseau du métro léger: la 54 (Sud-Gilly), la 89 (Sud-Anderlues Monument) et la 90 (Sud-La Louvière).

 

Le 30 août 1996, les stations de Janson et Parc sont à leur tour inaugurées sur la partie est de la boucle. Les lignes 55 (Parc-Gilly) et 88 (Parc-Anderlues Monument) sont créées, la ligne 90 est quand à elle supprimée.

 

En 1997, la station Sud est modernisée, suivie de la station Pétria en 2001, ainsi que de la station Ouest. Un nouvel arrêt est créé à Fontaine-l'Evêque sur les lignes 88 et 89: Coron du Berger.

 

Charleroi_2012.gifEn février 2002, la fin des travaux du métro de Charleroi est votée par le gouvernement wallon: la ligne vers Gosselies sera mise en service, non pas sous forme d'une ligne de métro, mais sous celle d'une ligne de tram en site propre le long de la chaussée de Bruxelles. La boucle centrale sera finalisée par la mise en service de la jonction Parc - Sud, et l'antenne de Gilly sera prolongée jusque Soleilmont.

 

Les travaux débutent fin 2008, et devraient se terminer fin 2011 ou début 2012 selon les endroits. Il est fort à parier que le réseau de lignes de métro, ainsi que celui des lignes de bus seront profondément remaniés lors de la mise en service des nouvelles infrastructures.

 

En parallèle à l'abandon du projet autoroutier E420 décidé en 2009, le gouvernement wallon songe à financer la réalisation d'une antenne jusque Nalinnes-Bultia. A priori, la ligne serait établie en site propre au milieu de la route de Philippeville (N5). Une quatrième antenne (celle de Loverval) de l'ambitieux projet des années soixantes verrait le jour, mais comme pour celle de Gosselies, sous une version modifiée.

Publié dans Historique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article